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 La Mythologie celtique

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Botti
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MessageSujet: La Mythologie celtique   Sam 23 Aoû - 15:46

la mythologie celtique


La mythologie celtique se rapporte à la religion des Celtes de la protohistoire et au druidisme, qui structure les sociétés celtiques. Elle traite de la vie des dieux et déesses dans l’Autre Monde (le Sidh des irlandais), des héros et de leurs exploits. Cette civilisation a progressivement disparu avec la romanisation puis le monothéisme judéo-chrétien.

La problématique des sources

Dès que l'on aborde le domaine celtique, que ce soit au niveau de la civilisation, du druidisme ou de la mythologie, on se trouve inévitablement confronté au problème des sources. Les druides, qui représentent la classe sacerdotale (première fonction de l'idéologie tripartite indo-européenne mise en lumière par Georges Dumézil), ont systématiquement privilégié une transmission orale de leur savoir, induisant la mémorisation de milliers de vers. On retrouve régulièrement l'argument selon lequel la parole écrite est une parole morte ; peut-être était-ce aussi un moyen d'éviter que leurs idées soient détournées. Notons que les Celtes n'ignoraient pas l'écriture puisque nous possédons des inscriptions utilisant l'alphabet grec et qu'ils ont inventé un système particulier de notation : l'écriture oghamique.

Deux types de sources nous livrent des informations générales. Tout d’abord, leurs contemporains, parmi lesquels on peut citer, à titre d’exemple : Diodore de Sicile (Bibliothèque historique), Strabon (Géographie), Pomponius Mela (De Chorographia), Lucain (La Pharsale), Pline l'Ancien (Histoire naturelle), et surtout Jules César avec les Commentaires sur la Guerre des Gaules. Ces témoignages donnent souvent une image négative des peuples celtes, compte tenu des relations belliqueuses qu’ils entretenaient, et la méconnaissance de leurs voisins.

La deuxième source est beaucoup plus tardive puisqu'il s’agit de la consignation par les clercs du Moyen-Âge, des traditions orales en Irlande. Cette littérature, dont la rédaction s'étale du VIIIe siècle au XVe siècle, vient opportunément confirmer et compléter les résultats des études des sources antiques. Ils retranscrivent les mythes et épopées de l'Irlande celtique, qui se sont transmis oralement de générations en générations. Toujours à titre d'exemple, on peut retenir : le Cath Maighe Tuireadh (Bataille de Mag Tured), le Tochmarc Etaine (Courtise d’Etain), la Táin Bó Cúailnge (Razzia des Vaches de Cooley), le Lebor Gabála Érenn (Livre des Conquêtes d'Irlande) et les Mabinogion gallois. Là, la difficulté est d'une autre nature : les collecteurs transcripteurs ont affublé tous ces mythes d'un vernis chrétien, sous lequel l'étude découvre le substrat celtique original.

La société divine

Des thèses ont affirmé que la religion des Celtes était du type monothéiste, prenant pour argument principal la suprématie et l'omnipotence du dieu Lug. Il est vrai que ses surnoms : « Lamfada » (au long bras) et « Samildanach » (le « polytechnicien », qui maîtrise tous les arts) révèlent sa place au premier rang de la hiérarchie divine. Jules César dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules le compare à Mercure. Mais, si l'on note une tendance vers le monothéisme, un resserrement du nombre des dieux, par rapport à d'autres civilisations de l'Antiquité, il existe bel et bien des entités distinctes

La hiérarchie et la catégorisation de ces dieux reprennent le schéma de la société. César, relatant ses opérations militaires, avait noté que les Gaulois (la plèbe) étaient dirigés par deux classes d'hommes, les druides et les chevaliers (equites). On retrouve cette hiérarchie dans la structure de la société divine des Tuatha Dé Danann, les dieux de l'Irlande, qui reproduit le schéma de l'idéologie tripartite des Indo-Européens, telle qu’elle a été exposée par Georges Dumézil

* La classe sacerdotale qui possède le savoir et fait la loi ; elle administre le sacré et le religieux
* La classe guerrière qui gère les affaires militaires sous le commandement du roi
* La classe des producteurs (artisans, agriculteurs, éleveurs, etc.) qui doit subvenir aux besoins de l’ensemble de la société et en priorité ceux des deux autres classes

Correspondances

Il n'est pas possible de proposer des équivalences entre la mythologie romaine et les principaux dieux des Celtes, compte tenu de l’incompatibilité des deux civilisations, mais des correspondances peuvent être notées entre Rome, la Gaule et l'Irlande, à considérer toutefois avec précautions :

Rome Gaule Irlande Pays de Galles
Mercure Lug (Lugus) Lug Samildanach Llew Llaw Gyffes
Jupiter Taranis Le Dagda Gwydion
Mars Ogmios Ogme / Nuada Gilfaethwy
Apollon Maponos Diancecht
Oengus / Mac Oc Gofannon
Minerve Brigantia / Belisama Brigit
Étain / Boand Rhiannon



Hiérarchie des Tuatha Dé Danann

De la même manière, les dieux se définissent par des fonctions[6]. Pour reprendre les théonymes irlandais, pour lesquels la documentation est la plus importante, la classification des Tuatha Dé Danann est la suivante :

- hors classe :

* Lug Samildanach (dieu primordial)

- fonction sacerdotale :

* Dagda (dieu-druide)

- fonction guerrière :

* Ogme (dieu de la magie guerrière, et du savoir)
* Nuada (royauté)

- fonction artisanale :

* Goibniu (dieu forgeron)
* Credne (dieu bronzier)
* Luchta (dieu charpentier)

- participent aux trois fonctions :

* Diancecht (dieu-médecin)
* Oengus ou Mac Oc (jeunesse)

– divinité féminine unique :

* Brigit (déesse des poètes, des forgerons et des médecins)

À l'exception des trois dieux de la fonction artisanale, les autres sont cités et décrits par César, sous les noms de leurs homologues romains.

La troisième fonction est apportée aux Tuatha Dé Danann par les Fomoires vaincus à l'issue de la bataille de de Mag Tuired.

Les différentes sources nous livrent les noms de dizaines de dieux. Ce décalage s'explique de deux manières : une spécialisation fonctionnelle et des particularismes locaux. Dans le premier cas, tel dieu n'est qu’un avatar d'un autre, qui apparaît pour assumer une fonction particulière ou représenter un aspect précis, tel Mac Oc qui incarne la jeunesse de Oengus. Dans le second cas, il peut s'agir de la déification d’un lieu sacré, d'une rivière ou d'une colline ; ainsi Boand, autre nom de Brigit, désigne la rivière Boyne, en Irlande.
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