AccueilFAQRechercherS'enregistrerGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Contes de Beedle le barde

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
alex!
Fondateur
Fondateur
avatar

Masculin
Nombre de messages : 2956
Age : 26
Où demeures-tu ? : Compiègne et Dublin !
Date d'inscription : 15/07/2007

MessageSujet: Contes de Beedle le barde   Sam 9 Fév - 2:13

Comme vous le savez surement l'auteur britannique J.K. Rowling a réalisé un nouveau livre intitulé Les Contes de Beedle le Barde, en 7 exemplaires manuscrits.

Dans le dernier volet des aventures de Harry Potter, Harry Potter, tome 7 : Harry Potter et les reliques de la mort, le professeur Albus Dumbledore lègue à la jeune Hermione Granger un livre de contes magiques, Les Contes de Beedle Barde. Celui-ci se révèle capital dans la lutte qui oppose Harry Potter à Voldemort.

Illustrés par l'auteur, agrémentés d'une reliure en cuir ornementée de pierres semi-précieuses et d'argent, l'un des 7 exemplaires a était vendu aux enchères à Amazon, le 13 décembre dernier, et celà à des fins caritatives. Les bénéfices, soit approximativement 2.6 millions d'euros, ont était reversés à The Children's Voice, la fondation de J.K. Rowling, qui oeuvre auprès d'institutions, spécialement en Europe de l'Est, ayant pour mission de s'occuper d'orphelins. Les six autres livres ont était offerts à ceux ou celles qui au cours des dernières années ont le plus contribué à l'oeuvre de Harry Potter.
Comparant la fin de la saga à un retour à la surface à la suite d'une longue plongée, J.K. Rowling considère que Les Contes de Beedle Barde, et plus particulièrement Le Conte des Trois Frères, est "une manière formidable de dire au revoir".

Or, vous savez quoi ? Amazon dans sont extrème générosité publie sur internet un résumé de chacun des 5 contes, en effet en achettant le livre Amazon acquiert ses droits...

- Le Sorcier et la Marmitte Sauteuse
- La Fontaine de Bonne Fortune
- Le Coeur Poilu du Sorcier
- Lapina la Bibille et sa souche qui gloussait
- Le Conte des 3 Frères


Voici les traductions :

Bonne lecture !!!

Commentaires d’Amazon

Daphne Durham livre ses premiers commentaires après avoir lu les Contes de Beedle le Barde (lire la VO) :

Ce n’est pas facile de décrire l’expérience de voir, tenir ou lire les Contes de Beedle le Barde par J.K. Rowling, alors je vais commencer par un seul mot : "Wow". Le simple fait que cet objet tiré d’un roman existe en vrai est magique, et je ne parle même pas du fait qu’il n’y a que sept exemplaires dans le monde et que chacun de ses contes inédits est écrit à la main et illustré par J.K. Rowling elle-même (et on voit dès les premières pages qu’elle a du talent comme illustratrice). L’écriture de Rowling est comme celle d’une tante préférée : elle n’est pas difficile à lire, mais il faut se concentrer, ce qui vous pousse à lire lentement et à savourer le mystère qui entoure chaque mot.

Comment écrire un commentaire d’un des livres les plus remarquables que j’aie jamais ouvert ? Il faut juste tourner les pages, et se laisser emporter par chaque histoire. S’imbiber de ces simples contes qui se lisent comme les fables d’Ésope et rappellent les thèmes de la saga ; suivre les boucles et les inclinaisons de l’écriture de Rowling et se délecter devant tous ces détails qui font que ce livre est unique : une lettre un peu plus foncée par ici, l’écriture qui déborde presque de la page par là. Prendre tout ça et y donner vie, tout en sachant qu’il est impossible de le montrer à sa juste valeur. Ceci étant dit, plongeons-nous dans le livre et commençons au commencement, d’accord ?



Résumé du conte du Sorcier et la Marmite sauteuse



Même si Amazon n’a pas le droit de publier les contes en entier, ils ont l’intention de publier des résumés, afin que les fans sachent de quoi il retourne. Le premier résumé est déjà en ligne : celui du conte du Sorcier et la Marmite sauteuse. [Attention, révélations !]

Comme dans la version américaine des livres Harry Potter, il y a un dessin en haut de la première page du premier conte, "le Sorcier et la Marmite Sauteuse" : il s’agit d’une marmite ronde avec un pied étonnamment bien dessiné (le pied a cinq orteils, au cas où vous vous posiez la question, et je sais que certains d’entre vous se la posaient). Le conte commence joyeusement, avec un "gentil vieux sorcier" qu’on ne voit que brièvement, mais qui rappelle tellement ce cher Dumbledore qu’on est obligé de s’arrêter pour reprendre son souffle.

Cet "homme bien-aimé" utilise la magie essentiellement pour le bien-être de ses voisins : il leur fabrique des potions et des antidotes dans ce qu’il appelle sa "marmite porte-bonheur". Bien trop vite, il meurt (à "un âge avancé") et son fils hérite de tout ce qu’il possède. Malheureusement, le fils ne ressemble pas du tout au père, mais plutôt à un Malefoy. À la mort de son père, il découvre la marmite, et dans la marmite (bizarremment), une pantoufle et un mot de son père : "mon fils, j’espère du fond de mon cœur que tu n’en auras jamais besoin". Comme toujours dans les contes, c’est à ce moment que les choses prennent une mauvaise tournure.

Plein d’amertume parce que ses possessions se résument à une marmite, et n’ayant que faire de ceux qui sont dépourvus de pouvoirs magiques, le fils tourne le dos au village et ferme la porte au nez de ses voisins. On voit d’abord une vieille femme dont la petite-fille souffre de verrues. Lorsque le fils lui claque la porte au visage, il entend immédiatement un bruit de métal dans la cuisine. Un pied a poussé sur la vieille marmite de son père. Un pied plein de verrues. Drôle, et un peu dégoûtant. Du Rowling classique. Aucun sort ne marche et il ne peut pas échapper à la marmite sauteuse et pleine de verrues qui le suit partout, jusque dans son lit. Le jour suivant, un vieil homme vient voir le fils et lui dit qu’il a perdu son âne. Il en a besoin pour porter ses marchandises en ville, autrement sa famille va mourir de faim. Le fils (qui n’a visiblement jamais lu de conte de fées) lui claque la porte au nez. Ça ne rate pas : la marmite (et son pied verruqueux) arrive dans un fracas métallique ; elle pousse maintenant des braiments d’âne et des grognements de faim. Comme il faut s’y attendre pour un conte de fées, le fils est assailli par d’autres visiteurs, et il faut quelques larmes, du vomi et des gémissements de chien avant que le sorcier ne succombe enfin à ses responsabilités et au véritable héritage de son père. Renonçant à son égoïsme, il appelle tous les villageois à l’aide. L’un après l’autre, il les soigne et ce faisant, il vide la marmite. Tout à la fin, la pantoufle mystérieuse sort de la marmite : elle est exactement de la taille du pied de la marmite, qui est maintenant silencieuse. Lui et la marmite partent vers le soleil couchant en marchant et sautillant.

Les histoires de Rowling ont toujours été drôles et intelligentes, et "le Sorcier et la Marmite sauteuse" n’est pas une exception (l’image d’une marmite à un pied avec toutes les maladies "verruqueuses" du village, qui sautille en suivant en jeune sorcier égoïste, est un bon exemple). Mais la véritable magie de ce livre et de ce conte en particulier n’est pas que dans les tournures de phrase, mais dans sa manière de souligner les "clang, clang, clang" de la marmite pour les mettre en valeur, et son écriture qui devient moins nette lorsque l’histoire s’accélère (comme si elle et le lecteur se dépêchaient). Ces touches font que cette histoire est vraiment la sienne, et que ce volume est très spécial.

_________________
Alexandre.


Dernière édition par le Sam 9 Fév - 2:16, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://arthurtenor.com/
alex!
Fondateur
Fondateur
avatar

Masculin
Nombre de messages : 2956
Age : 26
Où demeures-tu ? : Compiègne et Dublin !
Date d'inscription : 15/07/2007

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Sam 9 Fév - 2:14

La Fontaine de bonne fortune



« En haut de ce qui pourrait bien être un des meilleurs contes de fées jamais écrits se trouve une fontaine étincelante. Au bout de trente pages de lecure, il est maintenant évident que Rowling aime dessiner des étoiles et des étincelles, et qu’elle le fait bien. Le début et la fin de chaque conte ou presque sont comme recouverts de poudre de lutin (à la Peter Pan : les fans savent que les lutins de Rowling ne laisseraient pas quelque chose d’aussi joli derrière eux. Il y a aussi un petit rosier en bas de la première page de l’histoire. Il est adorable, et toute personne qui a déjà essayé de dessiner une rose sait que c’est difficile à faire - il y a donc peu de chances que Rowling ait fait ce dessin simplement pour dissimuler une erreur (ce que certains d’entre nous feraient). C’est un début splendide et cela met la barre très haut pour "la Fontaine de bonne fortune". C’est peut-être pour ça que l’histoire commence aussi majestueusement, dans un environnement luxuriant et mystérieux de conte de fées : un jardin enchanté et renfermé, protégé par "de la magie puissante". Une fois par an, on laisse un "infortuné" essayer de trouver la Fontaine, s’y baigner et gagner "de la bonne fortune à tout jamais". Ahhhh, exactement ce dont rêvent les fans de Harry Potter. En fait, un des éléments qui font que ce conte est si bien est qu’il suit la trame de la quête dont les fans sont tombés amoureux dans les romans - et dont nous rêvons encore.

Sachant que ce pourrait être leur seule chance de tout changer dans leur vie, les gens (avec ou sans pouvoirs magiques) voyagent des confins du royaume pour tenter d’accéder au jardin. C’est là que trois sorcières se rencontrent et partagent leurs contes d’infortune. Tout d’abord, Asha, qui souffre "d’une maladie qu’aucune Guérisseur ne peut soulager" et qui espère que la Fontaine lui rendra sa santé. Deuxièmement, Altheda, qui a été dépouillée et humiliée par un sorcier. Elle espère que la Fontaine soulagera son sentiment d’impuissance et sa pauvreté. La troisième sorcière, Amata, a été abandonnée par son bien-aimé et espère que la Fontaine guérira "son deuil et ses attentes". En quelques pages, Rowling a non seulement créé un drame de conte de fées génial, mais aussi un conflit intéressant : les lecteurs de tous âges partagent les griefs d’au moins une des trois sorcières (et au passage, il faut qu’on parle de la merveille que sont les noms Asha, Altheda et Amata), alors comment choisir qui devrait l’emporter ? Les sorcières (comme les personnages de notre série préférée) décident que trois têtes valent mieux qu’une et elles forment une équipe pour trouver la Fontaine ensemble. Au point du jour, une fêlure apparaît dans le mur et des plantes rampantes du jardin s’enroulent autour d’Asha, la première sorcière. Elle attrape Altheda, qui tient Amata. Mais Amata se prend les pieds dans l’armure d’un chevalier et alors que les vignes tirent Asha vers l’intérieur, les trois sorcières plus le chevalier sont tirés à travers le mur jusque dans le jardin.

Comme une seule personne sera autorisée à se baigner dans la Fontaine, les deux premières sorcières en veulent à Amata d’avoir invité un concurrent par mégarde. Comme il n’a aucun pouvoir magique, qu’il se rend compte que ces femmes sont des sorcières et qu’il porte bien son nom, "Sieur Malchanceux", le chevalier annonce qu’il abandonne la quête. Amata le gronde, lui dit de ne pas abandonner et lui demande de se joindre à elles. C’est réconfortant de voir que Rowling continue à mettre en avant les thèmes de l’amitié et de la camaraderie qui prévalent dans la série, sans parler de sa capacité à créer des personnages féminins forts et intelligents. Nous avons passé sept tomes à voir Harry apprendre que c’est OK d’avoir besoin de l’aide et du soutien de ses amis ; cette notion de partage des responsabilités et des fardeaux est forte dans ce conte.

Au cours de leur voyage vers la Fontaine, cette équipe bariolée doit surmonter trois épreuves. C’est du terrain familier pour un conte de fées, mais l’imagerie simple et forte ("un ver blanc monstrueux, bouffi et aveugle") et la manière dont les personnages travaillent ensemble pour triompher font que cette histoire est très riche, du pur Rowling. Tout d’abord, ils rencontrent un ver qui leur demande "la preuve de leurs souffrances". Après avoir tenté plusieurs fois en vain de l’attaquer, avec de la magie et d’autres méthodes, les larmes de frustration d’Asha satisfont enfin le ver et les quatre sont autorisés à passer. Ensuite, ils arrivent devant une pente raide et doivent payer "le fruit de leurs efforts". Ils essayent de gravir la colline, mais grimpent pendant des heures sans aboutir. Finalement, alors qu’Altheda encourage ses amis, son dur effort (plus spécifiquement, la sueur de son front) leur permet de passer ce défi. Enfin, ils se retrouvent face à un ruisseau et doivent payer "le prix de leur passé". Ils essayent de sauter par-dessus le ruisseau ou de se laisser flotter jusqu’à l’autre rive, mais échouent, jusqu’à ce qu’Amata ait l’idée d’utiliser sa baguette pour ôter les souvenirs de l’amant qu’il l’a abandonnée, et les déposer dans l’eau (Pensine, bonjour !). Des pierres de gué apparaissent dans l’eau et les quatre peuvent traverser jusqu’à la fontaine, où ils doivent décider lequel aura le droit de s’y baigner.

Asha s’écroule d’épuisement et est proche de la mort. Elle souffre tant qu’elle n’est pas capable d’aller jusqu’à la Fontaine et elle supplie ses trois amis de ne pas la bouger. Altheda se dépêche de lui concocter une potion puissante pour la ranimer et la potion va jusqu’à la guérir de sa maladie : Asha n’a plus besoin des eaux de la Fontaine. (Certains d’entre vous auront deviné de qui se passe ensuite, mais continuez à lire - Rowling a d’autres surprises dans son sac.) En guérissant Asha, Altheda se rend compte qu’elle a le pouvoir de guérir autrui et donc une façon de gagner de l’argent. Elle n’a plus besoin des eaux de la Fontaine pour soulager "son impuissance ni sa pauvreté". La troisième sorcière, Amata, se rend compte que maintenant qu’elle a lavé ses regrets envers son amant, elle est capable de le voir tel qu’il était vraiment ("cruel et infidèle") : elle n’a plus besoin de la fontaine. Elle se tourne vers Sieur Malchanceux et lui offre de se baigner dans la Fontaine, en récompense pour sa bravoure. Le chevalier, qui n’arrive pas à croire à sa chance, se baigne dans la Fontaine. Vêtu de "son armure rouillée" (c’est là qu’est le génie de Rowling : l’ajout d’un mot nous donne une image hilarante d’un chevalier portant son armure complète, se baignant dans la Fontaine), il se jette aux pieds d’Amata et lui demande "sa main et son cœur". Chaque sorcière obtient le remède de ses rêves, un chevalier malheureux découvre son courage et Amata, la seule sorcière à avoir cru en lui, se rend compte qu’elle a trouvé "un homme digne d’elle". Un "ils vécurent heureux" splendide pour notre joyeuse bande, qui s’en va "bras-dessus-bras-dessous" (la calligraphie de cette expression est particulièrement bien ; les tirets donnent une image de bras unis). Mais ce ne serait pas du Rowling sans un contrecoup à la fin : on apprend que les quatre amis eurent une longue vie et n’ont jamais su que les eaux de la Fontaine "n’étaient en rien enchantées". La meilleure fin du monde.

Comme dans ses romans, Rowling insiste sur le fait que le vrai pouvoir est en nous, pas dans la baguette ou l’esprit, mais dans le cœur. La foi, la confiance, l’amour donnent à ses personnages la force nécessaire pour surmonter les obstacles qu’ils rencontrent. Elle ne prêche pas ses lecteurs, mais le message est clairement là : donnez-vous la chance d’aimer les autres et de leur faire confiance, et vous pourrez exploiter le pouvoir que vous possédez déjà. Quel beau message pour des enfants (et des adultes). Oh, et quel paquet adorable et mémorable. »


Le Coeur poilu du Sorcier



« Attention, chers lecteurs : Rowling se transforme en frère Grimm pour son troisième conte, le plus sombre de tous. Dans "le Cœur poilu du sorcier", il y a peu de rires et pas de quête, seulement un voyage dans les profondeurs obscures de l’âme d’un sorcier. Sur cette horrible première page, nulle trace de poudre de lutin, seulement le dessin d’un cœur couvert de poils drus et dégoulinant de sang (ce n’est pas facile de dessiner un vrai cœur, avec les valves et tout ça, mais Rowling s’en sort très bien avec ses poils dégoûtants). Sous le texte se trouve une clef à l’ancienne avec trois boucles en haut, gisant dans une flaque de sang. Clairement, ce conte sera différent des autres. Vous êtes prévenus...

Au début, nous rencontrons un jeune sorcier, beau, talentueux et riche, qui a honte de la stupidité de ses amis amoureux (Rowling utilise le mot "cabriolant" [VO : "gambolling"] ici, ce qui montre bien qu’elle ne prend jamais le lecteur de haut). Notre jeune sorcier est tellement certain de ne jamais vouloir souffrir de telles "faiblesses" qu’il fait appel à la "Magie Noire" pour s’empêcher de jamais tomber amoureux. Les fans devraient reconnaître là l’introduction d’un récit édifiant : dans la saga, Rowling a exploré beaucoup de leçons sur l’emportement de la jeunesse et les dangers que représentent de tels pouvoirs dans les mains des jeunes.

Sa famille, qui ne sait pas qu’il a pris toutes ces dispositions pour se protéger, se moque de ses tentatives d’éviter l’amour, convaincue que lorsque la bonne fille viendra, il changera d’avis. Mais le sorcier gagne en vanité, convaincu de son intelligence et impressionné par son abilité à l’indifférence. Le temps passe, le sorcier voit ses pairs se marier et fonder des familles, mais il est fier de lui et de sa decision. Il se considère chanceux de ne pas avoir à supporter les fardeaux émotionnels qui, selon lui, déssechent et évident le cœur des autres. Quand ses vieux parents meurent, il ne fait pas leur deuil, mais se considère "béni" par leur mort. À ce moment du texte, l’écriture de Rowling change un peu et l’encre sur la page semble légèrement plus foncée. Peut-être qu’elle appuie plus fort, comme si elle était effrayée et frustrée par le jeune sorcier, comme nous le sommes ? Presque toutes les phrases de la page de gauche débordent jusque dans la rainure du livre. Nous lisons que le sorcier s’installe confortablement dans la maison de feu ses parents et dépose son "plus grand trésor" dans leur donjon. Sur la page d’en face, lorsque nous apprenons que le sorcier estime qu’il devrait être envié pour sa solitude "merveilleuse" et parfaite, l’écriture de Rowling bégaye pour la première fois. C’est comme si elle n’arrivait pas à écrire le mot "merveilleuse", puisqu’il est clairement faux. Le sorcier se berce d’illusions et est donc d’autant plus énervé lorsqu’il entend deux serviteurs faire des commérages à son sujet : l’un le prend en pitié, l’autre se moque de lui parce qu’il n’a pas de femme. Il décide immédiatement de "prendre femme", sans doute la femme plus belle, riche et douée, pour que "tous l’envient".

Comme par hasard, il rencontre dès le lendemain une sorcière magnifique, douée et riche. Pensant qu’elle est sa "récompense", le sorcier lui court après, expliquant à ceux qui le connaissent qu’il est un nouvel homme. Mais la jeune sorcière, qui est à la fois "fascinée et dégoûtée" par lui, sent bien que son attitude est distante envers elle, même lorsqu’elle accepte de participer à un festin à son château. À la fête, au milieu des richesses de sa table, pendant que ses ménestrels jouent, le sorcier fait la cour à la sorcière. Enfin, elle le confronte et suggère qu’elle croirait en ses mots si elle pensait qu’il "avait un cœur". Tout sourire (et toujours très fier de lui), le sorcier emmène la jeune femme au dongeon et lui révèle un "coffret de cristal" magique dans lequel se trouve son propre "cœur battant". On vous avait prévenu que ce conte était sombre !

À la vue du cœur, la sorcière est horrifiée : à force d’être exilé en dehors du corps, il s’est ratatiné et est couvert de poils. Elle supplie le sorcier de "le remettre". Parce qu’il sait que cela augmenterait l’amour qu’elle éprouve à son égard, il "ouvre sa poitrine en deux" avec sa baguette et y place le "cœur poilu". Enchantée à l’idée que le sorcier puisse maintenant connaître l’amour, la jeune sorcier l’étreint (étonnant - clairement, le lecteur est en train de lui hurler "enfuis-toi !") et le cœur horrible est "transpercé" par la beauté de sa peau et l’odeur de ses cheveux. Après avoir été déconnecté de son corps pendant si longtemps, le cœur lui est "devenu étranger". Ce cœur "aveugle" et "pervers" passe à l’action de façon sauvage. On pourrait s’arrêter ici, et vous laisser vous interroger sur le devenir de la jeune sorcière et du sorcier au cœur poilu, mais Rowling poursuit la narration. Les invités du festin se demandent où est passé leur hôte. Plusieurs heures plus tard, ils partent à sa recherche dans le château et le découvrent dans le dongeon. La jeune femme gît sur le sol, morte, la poitrine ouverte. Accroupi à ses côtés, le "sorcier fou" caresse et lèche son "cœur rouge vif" et se prépare à l’échanger contre le sien. Mais son cœur est fort et refuse de quitter son corps. Le sorcier, jurant qu’il ne sera jamais "l’esclave" de son cœur, prend un poignard et coupe son cœur. Pendant un instant, il triomphe, un cœur dans "chaque main sanglante", mais il s’effondre sur la jeune femme et meurt. Le dernier paragraphe, qui décrit la mort du sorcier, est le premier à ne pas être écrit droit. L’écriture remonte vers la droite juste assez pour qu’on le remarque, rendant la fin d’autant plus abrupte et déstabilisante.

Rowling, comme tant d’autres grands conteurs, n’a pas de pitié pour les méchants. Dès le début de l’histoire, la vanité et l’égoïsme dictent ses actions, l’isolant et l’adurcissant contre tout sentiment ; le sorcier s’est ainsi ouvert à la folie et a ôté la vie à une innocente, puis a détruit la sienne propre (ça vous fait penser à un autre méchant ?). Comme dans les autres contes, tout le secret est dans l’imagerie, réelle et imaginée (surtout après vu les dessins de la première page). La vision dérangeante et indélébile du sorcier fou léchant le cœur ensanglanté rivalise avec les plus sombres des contes des frères Grimm. Étant donné que cette histoire (comme le reste du livre, après tout) est censé être un livre de fables pour jeunes sorciers, il est à propos que Rowling fasse du conte sur le mauvais emploi de la Magie Noire le plus horrible et le moins rédempteur de tous. Nous le savons, nous, les fans : il ne faut pas jouer avec la Magie Noire. Jamais. »

_________________
Alexandre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://arthurtenor.com/
alex!
Fondateur
Fondateur
avatar

Masculin
Nombre de messages : 2956
Age : 26
Où demeures-tu ? : Compiègne et Dublin !
Date d'inscription : 15/07/2007

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Sam 9 Fév - 2:15

Lapina la Babille et sa souche qui gloussait



Une grosse souche d’arbre (avec vingt anneaux de croissance, nous les avons comptés) est tapie en haut du quatrième conte de Rowling, le plus long de tous. Cinq racines partent de la base comme des tentacules, recouvrant des germes d’herbe et des capitules de pissenlits. La base de la souche est fêlée en son milieu : une fêlure sombre, avec deux petits cercles blancs, comme des yeux qui guetteraient le lecteur. En bas de la page, il y a une petite empreinte de patte (avec quatre orteils). Pas aussi horrible que le cœur poilu et ensanglanté de l’histoire précédente (et cette fois-ci, il y a bien de la poudre de lutin sur la page), mais cette souche ne nous dit rien qui vaille.

"Lapina la Babille et sa queue qui caquetait" commence (comme beaucoup de bons contes) il y a très longtemps dans un pays fort lointain. Un roi cupide et "stupide" décide qu’il veut être le seul magicien du royaume. Mais il a deux problèmes : d’une part, il faut qu’il réunisse tous les sorciers et sorcières existants ; d’autre part, il faut qu’il apprenne la magie. Il commande une "Brigade de Chasseurs de Sorcières" et annonce aussi qu’il a besoin d’un "Professeur de Magie" (pas très malin, ce roi). Les sorciers et sorcières futés se cachent plutôt que de répondre à son appel, mais un "charlatan rusé" dénué de tout pouvoir magique obtient le poste à l’aide de quelques simples tours.

Après s’être installé dans son rôle de sorcier en chef et professeur particulier du roi, le charlatan demande de l’or pour acheter des fournitures magiques, des rubis pour créer des charmes et des coupes d’argent pour les potions. Il les amasse chez lui puis retourne au palais, sans se rendre compte que la vieille lavandière du roi, Lapina, l’a vu. Elle l’observe quand il arrache des brindilles à un arbre et les offre au roi, prétendant que ce sont des baguettes. Plein de ruse, le charlatan explique au roi que sa baguette ne marchera que lorsque "votre Majesté en sera digne".

Tous les jours, le roi et le charlatan s’exercent à la "magie" (Rowling rayonne dans ce passage : elle peint un portrait du roi ridicule, agitant sa brindille et "criant des absurdités"), mais un matin ils entendent des rires et remarquent que Lapina les regarde depuis sa chaumière, pliée en deux de rire. Le roi, humilié et furieux, s’impatiente et exige qu’ils fassent une démonstration de vraie magie devant ses sujets le lendemain. Le charlatan désespéré prétend que c’est impossible parce qu’il doit quitter le royaume pour un long voyage, mais le roi devient soupçonneux et menace d’envoyer la Brigade à ses trousses. Emporté, le roi commande que "si qui que ce soit se moque de moi", le charlatan sera décapité. Notre roi stupide, cupide et sans magie est aussi vaniteux et manque piteusement d’assurance : même dans ces contes simples et courts, Rowling arrive à créer des personnages complexes et intéressants.

Cherchant à "décharge" sa frustration et sa colère, le charlatan rusé va tout droit chez Lapina. En regardant par la fenêtre, il voit une "petite vieille femme" assise à la table, en train de nettoyer sa baguette, pendant que les draps "se lavent tous seuls" dans une bassine. Il se rend compte que c’est une vraie sorcière, qui peut dont être à la fois la source et la solution à ses ennuis. Il lui demande de l’aide, sous menace de la dénoncer à la Brigade. Il est difficile de décrire complètement ce point crucial de l’histoire (comme le reste de ces contes, d’ailleurs). Essayez de vous souvenir de la richesse et la couleur des romans de Rowling, et imaginez comment elle pourrait remplir ces contes miniatures d’imagerie colorée et de subtilités de caractère.

Imperturbable malgré les menaces (c’est une sorcière, après tout), Lapina sourit et accepte de faire "tout ce qui est en son pouvoir" pour aider (on voit déjà se profiler une porte de sortie). Le charlatan lui dit de se cacher dans un buisson et de lancer les sorts à la place du roi. Lapina accepte, mais se demande ce qui se passera si le roi essaie de lancer un sort impossible. Mais le charlatan, convaincu de sa propre intelligence et de la bêtise des autres, se moque de ses inquiétudes et déclare que les pouvoirs magiques de Lapina sont certainement bien plus puissants que tout ce dont "l’imagination de cet imbécile" pourrait rêver.

Le lendemain matin, les membres de la cour se réunissent pour voir les pouvoirs magiques du roi. Depuis la scène, le roi et le charlatan exécutent leur premier tour : ils font disparaître le chapeau d’une femme. La foule est ébahie et ne se doute pas que c’est Lapina, tapie dans un buisson, qui a lancé le sort. Pour son deuxième exploit, le roi pointe sa "brindille" (à chaque fois qu’elle est évoquée, nous sommes morts de rire) vers son cheval et le fait planer dans les airs. Il regarde autour de lui, cherchant une meilleure idée pour son troisième mort, mais il est interrompu par le Capitaine de la Brigade, qui porte le corps d’un des chiens du roi, mort après avoir mangé un champignon empoisonné. Il supplie le roi de "le ramener à la vie", mais quand le roi pointe sa brindille vers le chien, rien ne se passe. Lapina sourit depuis sa cachette. Elle n’essaie même pas de lancer un sort, parce qu’elle sait qu’"aucun sortilège ne peut ressusciter les morts" (du moins, pas dans ce conte). La foule commence à rire, elle se doute que les deux premiers sorts étaient juste des trucs. Le roi est furieux et exige qu’on lui dise pourquoi le sort n’a pas marché. Le charlatan, fourbe et rusé, montre la cachette de Lapina et hurle qu’une "méchante sorcière" bloque les sorts. Lapina s’enfuit de son buisson et quand les Chasseurs de Sorcières lancent leurs chiens à sa poursuite, elle disparaît, laissant les chiens "aboyant et grattant la terre" en bas d’un vieil arbre. Désespéré, le charlatan crie que la sorcière s’est transformée "en pomme sauvage" (ce qui nous fait pouffer malgré la tension de ce moment dramatique). Craignant que Lapina ne se retransforme en femme et révèle sa vraie nature, le charlatan demande qu’on abatte l’arbre, parce que c’est comme ça "qu’on se débarrasse des méchantes sorcières". C’est une scène puissante, à cause non seulement du drame à la "qu’on lui coupe la tête !", mais aussi parce que le charlatan a la faculté d’exciter les foules, ce qui rappelle les vraies chasses aux sorcières. La tension monte et l’écriture de Rowling est légèrement moins polie : l’espacement entre les mots augmente, donnant l’illusion qu’elle invente l’histoire au fur et à mesure et qu’elle écrit aussi vite qu’elle peut

L’arbre est abattu et la foule retourne vers le palais en poussant des cris de joie, mais un "fort gloussement" se fait entendre, provenant de la souche. Lapina, qui est une sorcière intelligente, crie qu’on ne peut pas tuer un sorcier ou une sorcière en le "coupant en deux" et pour le prouver, elle suggère qu’ils coupent en deux le professeur du roi. À ces mots, le charlatan avoue tout et supplie qu’on le pardonne. On l’enferme dans le donjon, mais Lapina n’en a pas fini avec son idiot de roi. Sa voix, qui sort toujours de la souche, proclame que ses actes ont invoqué une malédiction sur le royaume, et qu’à chaque fois que le roi fera du mal à un sorcier ou à une sorcière, il ressentira lui aussi une souffrance si insupportable qu’il "aura envie de mourir". Le roi, désespéré, se met à genoux et promet de protéger tous les sorcier et sorcières du royaume ; il les autorise à faire de la magie. Contente, mais complètement satisfaite, la souche glousse de nouveau et exige qu’une statue de Lapina y soit érigée pour rappeler "sa propre stupidité" au roi. Le "roi honteux" promet qu’un sculpteur créera une statue en or massif, et il retourne au palais avec sa cour. Enfin, un "vieux gros lapin" sort par un trou sous la souche en sautillant, une baguette dans les dents (aha ! C’était donc ça, ces petits yeux blancs) et quitte le royaume. La statue en or reste sur la souche à tout jamais, et les sorciers et sorcières du royaume ne furent plus jamais persécutés.

"Lapina la Babille et sa souche qui gloussait" met en avant l’ingéniosité de la vieille sorcière, qui devrait rappeler aux fans un certain sorcier sage et plein de ressources, et on peut imaginer que la vieille Lapina est devenue une héroïne populaire auprès des jeunes sorciers et sorcières. Mais ce n’est pas juste l’histoire du triomphe d’une sorcière intelligente : ce conte nous met en garde contre les faiblesses humaines que sont la cupidité, l’arrogance, l’égoïsme et la fourberie et montre que ces personnages dévoyés (mais pas malfaisants) apprennent leurs erreurs. Le fait qu’elle est placé ce conte juste après celui du sorcier fou montre l’importance que Rowling a toujours accordé à la conscience de soi : Lapina montre au roi son arrogance et sa cupidité, de même que la Marmite Sauteuse a mis en avant l’égoïsme du sorcier et que la Fontaine a mis à jour la force cachée des trois sorcières et du chevalier. Dans les quatre premiers contes, seul le sorcier au cœur poilu connaît un sort vraiment horrible : son usage impardonnable de la Magie Noire et son refus de prendre conscience de lui l’empêchent de se racheter.

_________________
Alexandre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://arthurtenor.com/
alex!
Fondateur
Fondateur
avatar

Masculin
Nombre de messages : 2956
Age : 26
Où demeures-tu ? : Compiègne et Dublin !
Date d'inscription : 15/07/2007

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Sam 9 Fév - 2:15

Le Conte des Trois Frères



Si, comme nous, votre première lecture du "Conte des Trois Frères" s’est faite à toute vitesse, en route pour la fin de toutes les fins, alors vous avez raté un sacré conte, digne des meilleures fables d’Ésope. Heureusement pour vous, vous pouvez ouvrir votre exemplaire de Harry Potter et les Reliques de la Mort au chapitre 21 et le relire quand vous voulez. Si vous n’avez pas encore terminé le dernier tome de la série Harry Potter (auquel cas un véritable festin vous attend !), mieux vaut que vous ne lisiez pas ce commentaire... pour l’instant. Prenez le temps de lire le conte dans son contexte d’abord. Vous ne serez pas déçu.

Trois crânes montrent leurs dents et observent le lecteur depuis le haut du dernier des cinq contes (ce que nous aimerions qu’il y en ait des dizaines d’autres...). Le crâne du milieu a un symbole gravé sur le front : une ligne verticale dans un cercle, le tout dans un triangle. En bas de la page se trouve un bout de tissu ; sur le tissu, une baguette (qui émet un jet d’étincelles tourbillonnantes) et quelque chose qui ressemble à une petite pierre.

Ce conte donne froid dans le dos. L’histoire de ces trois frères, de ces trois choix, de ces trois destins doit être lue à haute voix. En fait, notre première rencontre avec les trois frères est quand Hermione lit le conte à Harry et Ron (et Xenophilius). Trois frères voyagent sur une route déserte au "crépuscule" (minuit, selon la version de Mrs. Weasley) et arrivent à une rivière trop dangereuse pour être traversée. Comme ils connaissent bien l’art de la magie, ils créent un pont d’un mouvement de baguette. Au milieu du pont, une "silouhette encapuchonnée" les arrête. La Mort est en colère et dit aux frères (dans un passage comique des Reliques, Harry interrompt l’histoire ici en demandant "Excuse-moi ? La Mort leur parla ?") qu’ils l’ont privée de "nouvelles victimes" : normalement, les gens se noient dans la rivière. Mais la Mort est habile et offre à chacun une récompense pour les féliciter d’avoir réussi à lui échapper (signalons pour ceux qui aiment les détails que notre exemplaire utilise le mot "escape" et pas "evade", qu’on trouve dans le tome 7 [les deux mots se traduisent par "échapper" en français]). Nos contes de fées préférés ont toujours une trame à la "choisissez votre destin" : un seul choix nous en apprend beaucoup sur un personnage et les meilleures histoires, comme celle-ci, nous mènent loin de ce à quoi on s’attend.

Le frère aîné, "qui aimait les combats", demande la baguette la plus puissante jamais créée, une baguette qui garantirait toujours la victoire à son propriétaire, digne d’un sorcier qui a "vaincu la Mort". La Mort crée la baguette (fatidique) à partir d’un "Sureau" (avec une majuscule dans notre exemplaire) et la donne au frère querelleur et vantard. Le deuxième frère, un "homme arrogant", décide d’humilier la Mort encore davantage et lui demande le pouvoir de rappeler les morts à la vie. La Mort ramasse une pierre par terre et dit au frère qu’elle a le pouvoir de ressusciter les morts. Le plus jeune des frères, le plus humble et le plus sage des trois, "n’a pas confiance en la Mort", alors il lui demande quelque chose qui lui permettra de partir "sans que la Mort ne le suive". Se rendant compte qu’elle a peut-être trouvé plus malin qu’elle, la Mort lui tend "sa propre" cape d’invisibilité "avec beaucoup de mauvaise grâce" (et non "à contrecœur" comme dans le tome 7). Le choix de chacun des frères en révèle tant sur ses motivations : l’aîné veut la Baguette de Sureau pour être plus puissant que tous ; le deuxième veut avoir du pouvoir sur la Mort ; le plus jeune veut être en sécurité lorsqu’il laissera la Mort derrière lui.

Finalement, les frères prennent leurs présents et partent chacun de son côté, vers des destins différents. Le premier voyage jusqu’à "un certain village" ("lointain" dans le tome 7) et retrouve un sorcier contre lequel il s’était battu, pour le défier en duel - un duel "qu’il ne pourrait que gagner". Après avoir tué son ennemi, il va se coucher dans une auberge où il se vante d’avoir arraché la baguette "à la Mort en personne" et d’être tout-puissant. Cette nuit-là, un sorcier s’approche silencieusement du frère aîné et lui vole la baguette, sans oublier de lui trancher la gorge "pour faire bonne mesure". Le refrain obsédant dans lequel Rowling dit "ainsi la Mort prit-elle le premier des trois frères" ancre l’histoire dans les eaux des récits édifiants tout en nous apprenant que la mort est inévitable. Un des messages les plus importants de ce conte, et de frère en particulier, est la notion qu’il faut employer son pouvoir à bon escient (un conseil que Rowling a clairement suivi).

Le deuxième frère rentre dans sa maison vide. Il tourne la pierre dans sa main "plus de trois fois" (le texte du tome 7 se limite à "trois fois") et l’utilise pour "rappeler les Morts" (avec une majuscule dans notre exemplaire). À sa plus grande joie, il voit revenir la jeune fille qu’il voulait épouser, mais elle est "silencieuse et froide" ("triste" dans le tome 7) et souffre parce qu’elle n’appartient plus "au monde des mortels". Désespéré et "rendu fou par un désir sans espoir", le deuxième frère se suicide afin de pouvoir la rejoindre, et la Mort récupère ainsi sa deuxième victime.

Le plus jeune frère utilise la "Cape d’Invisibilité" (même ceux d’entre vous qui n’ont pas encore lu le tome 7 devraient se rendre compte que c’est peut-être plus qu’un conte) pour se dissimuler de la Mort, jusqu’à ce qu’il atteigne "un très grand âge". Il l’ôte alors et l’offre à son fils, puis accueille la Mort "avec joie", "comme une vieille amie" avec qui il quitte "cette vie". Quelle fin satisfaisante. Ce conte est frappant même à la seconde lecture. Simple, puissant et poignant. "Le Conte des Trois Frères" introduit des théories sur l’usage et l’abus de pouvoir (un thème fortement présent dans la saga) et fait partager un message important sur la vie et la mort. De bien des façons, ce conte apporte un nouvel éclairage à Harry Potter et les Reliques de la Mort (les curieux devraient relire le chapitre 35, "King’s Cross", et en discuter). L’aspect que nous préférons est mis en avant par le message que Dumbledore lui-même transmet à Harry, comme quoi il faut accepter la Mort et profiter de la vie : "N’aie pas pitié des morts, Harry. Aie plutôt pitié des vivants et surtout de ceux qui vivent sans amour". Le frère benjamin n’a pas essayé de tromper la Mort et n’a pas utilisé ses pouvoirs pour faire du mal aux autres ; à la place, il a utilisé son présent pour vivre simplement et sans crainte de la Mort. Ainsi, à la fin d’une vie longue et heureuse, il a pu quitter ce monde de son plein gré.

Ces contes sont les vecteurs d’un message puissant sans être jamais sermonneurs ni ouvertement didactiques, ce qui témoigne du talent de Rowling (c’est d’autant plus vrai pour ses livres, ce qui est un des éléments qui les mettent à part). Les Contes de Beedle le Barde transmettent plusieurs des leçons qu’on trouve dans la saga Harry Potter et les histoires renvoient à l’avertissement de Dumbledore sur le choix "entre le bien et la facilité". Qu’elle nous mette en garde contre l’arrogance et la cupidité, qu’elle révèle les responsabilités qui viennent avec un grand pouvoir, ou qu’elle chante les louanges de l’amour et de la confiance en soi, l’imagination sans borne de Rowling et son talent d’écrivain poussent ses fans fidèles (jeunes et vieux) à en demander toujours plus, impatients qu’ils sont d’entendre la leçon suivante.

_________________
Alexandre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://arthurtenor.com/
alex!
Fondateur
Fondateur
avatar

Masculin
Nombre de messages : 2956
Age : 26
Où demeures-tu ? : Compiègne et Dublin !
Date d'inscription : 15/07/2007

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Lun 18 Fév - 0:54

Alors aucune réactions ?
Personellement j'ai tout lu, et je conseil tout fans de la série Harry Potter de les lire. Ainsi que tout ce qui aime les contes...

_________________
Alexandre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://arthurtenor.com/
Bartimeus
Administrateur
Administrateur
avatar

Masculin
Nombre de messages : 4942
Age : 24
Où demeures-tu ? : Maraussan
Ton livre préféré ? : Comme dit Ryuuchan, tout est relatif, et cela seul est absolu :)
Ta lecture en cours ? : La Guerre des Cygnes T3 : L'île de la Bataille
Date d'inscription : 26/08/2007

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Lun 18 Fév - 13:11

Ben, j'en ai lu que deux, j'ai pas eu le temps de tous les lire, désolé...

_________________
"Beauté de la littérature : Je perds une vache. J'écris sa mort, et cela me rapporte de quoi acheter une nouvelle vache." de Jules Renard
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.portfoliopro.fr
MAllus
V.I.P.
avatar

Masculin
Nombre de messages : 1364
Age : 28
Où demeures-tu ? : Bretagne
Ton livre préféré ? : Le seigneur des anneaux
Date d'inscription : 15/07/2007

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Lun 18 Fév - 13:52

J'avais pas vu que tu a poster sa

Moi j'ai tout lut
Et tout cas ces vraiment bien, j'aimerais bien pouvoir lire le livre


Dernière édition par alex! le Mar 19 Fév - 22:12, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
alex!
Fondateur
Fondateur
avatar

Masculin
Nombre de messages : 2956
Age : 26
Où demeures-tu ? : Compiègne et Dublin !
Date d'inscription : 15/07/2007

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Lun 18 Fév - 15:17

Ouaih, mais il est un peu cher !!!

_________________
Alexandre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://arthurtenor.com/
MAllus
V.I.P.
avatar

Masculin
Nombre de messages : 1364
Age : 28
Où demeures-tu ? : Bretagne
Ton livre préféré ? : Le seigneur des anneaux
Date d'inscription : 15/07/2007

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Mar 19 Fév - 15:10

Ces sur que 7 exemplaire ces pas beaucoup se serais bien qu'il décidé de l'imprimer comme tout les autre livres car les résumés des conte mon donner envie de les lire
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Livandil d'Eleissen
Fan de lecture
Fan de lecture
avatar

Féminin
Nombre de messages : 495
Age : 26
Où demeures-tu ? : Dans le monde de l'imagination
Ton livre préféré ? : Harry Potter...et tant d'autres^^
Ta lecture en cours ? : Guerre et Paix, Tolstoï; Les Forts et les Purs, JL Foncine
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Ven 28 Mar - 0:41

Je viens juste de tomber sur le sujet, je ne savais pas que des résumés des contes étaient disponibles!
Mais c'est...*O*...du pur Rowling...
Dommage qu'ils ne soient pas publiés...mais ça romprait tout leur charme...

_________________
+Il n'est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime.
+ Sur le charnier des champs de bataille, crache sur les lâches, salue l'ennemi et pleure tes frères.
+ I'll always be there for you 'cause you are my friend...Ask me what you want, you will never stand alone.




+Que chance et bonheur soient les chemins de ta vie, Invité!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://prixclara.skyrock.com
Arlea
Ecrivain
Ecrivain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1204
Age : 24
Où demeures-tu ? : à poudlard
Ton livre préféré ? : y en a plein maintenant...
Ta lecture en cours ? : Déception point de Dan Brown
Date d'inscription : 02/12/2007

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Ven 28 Mar - 5:32

C'est sûr , mais de toute façon à ce qu'il paraît , Rowling ne veut pas les publier et elle a donné des exemplaires à quelques membres de sa famille et y en a un qu'elle a mis aux enchères. Il coûte vraiment cher !^^
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://arleya.skyblog.com
Bartimeus
Administrateur
Administrateur
avatar

Masculin
Nombre de messages : 4942
Age : 24
Où demeures-tu ? : Maraussan
Ton livre préféré ? : Comme dit Ryuuchan, tout est relatif, et cela seul est absolu :)
Ta lecture en cours ? : La Guerre des Cygnes T3 : L'île de la Bataille
Date d'inscription : 26/08/2007

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Ven 28 Mar - 19:57

Arlea a écrit:
C'est sûr , mais de toute façon à ce qu'il paraît , Rowling ne veut pas les publier et elle a donné des exemplaires à quelques membres de sa famille et y en a un qu'elle a mis aux enchères. Il coûte vraiment cher !^^

Pas de sa famille, aux personnes qui l'ont le plus aidé dans la création des HP...

_________________
"Beauté de la littérature : Je perds une vache. J'écris sa mort, et cela me rapporte de quoi acheter une nouvelle vache." de Jules Renard
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.portfoliopro.fr
Arlea
Ecrivain
Ecrivain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1204
Age : 24
Où demeures-tu ? : à poudlard
Ton livre préféré ? : y en a plein maintenant...
Ta lecture en cours ? : Déception point de Dan Brown
Date d'inscription : 02/12/2007

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Ven 28 Mar - 20:37

A ok , j'ai mal compris l'article que j'avais lu alors.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://arleya.skyblog.com
Livandil d'Eleissen
Fan de lecture
Fan de lecture
avatar

Féminin
Nombre de messages : 495
Age : 26
Où demeures-tu ? : Dans le monde de l'imagination
Ton livre préféré ? : Harry Potter...et tant d'autres^^
Ta lecture en cours ? : Guerre et Paix, Tolstoï; Les Forts et les Purs, JL Foncine
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Sam 29 Mar - 0:56

Et celui qu'elle a mis aux enchères est parti autour de 2 millions de livres sterling...Ca fait rêver...

_________________
+Il n'est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime.
+ Sur le charnier des champs de bataille, crache sur les lâches, salue l'ennemi et pleure tes frères.
+ I'll always be there for you 'cause you are my friend...Ask me what you want, you will never stand alone.




+Que chance et bonheur soient les chemins de ta vie, Invité!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://prixclara.skyrock.com
Arlea
Ecrivain
Ecrivain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1204
Age : 24
Où demeures-tu ? : à poudlard
Ton livre préféré ? : y en a plein maintenant...
Ta lecture en cours ? : Déception point de Dan Brown
Date d'inscription : 02/12/2007

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Sam 29 Mar - 9:16

C'est clair et le compte des trois frères est génial alors c'est sur que ça fait rêver , j'en baverai si je le voyai...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://arleya.skyblog.com
Ezumiyr
Moderateur
Moderateur
avatar

Masculin
Nombre de messages : 1746
Age : 26
Où demeures-tu ? : En haut d'une colline
Ton livre préféré ? : L'Empereur-Dieu de Dune
Ta lecture en cours ? : Maîtresse de l'Empire (trilogie de l'empire)
Date d'inscription : 21/12/2007

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Sam 29 Mar - 16:26

Un gros coup de marketing... Vous imaginez quand ça sera mis sur le marché? Car ça le sera, faut pas se leurer... Quand on aura bien poireauté et que tout le monde en voudra un... En plus en attendant ils peuvent faire monter le suspense en dévoilant des petits bouts... Joli coup de pub. Je ne pensais pas qu'ils seraient capables d'aller encore plus loin.

_________________

Ha aska ka nykaok, ka soaok ca Ceao, bakoë poë ytiët tië ka Zos!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
alex!
Fondateur
Fondateur
avatar

Masculin
Nombre de messages : 2956
Age : 26
Où demeures-tu ? : Compiègne et Dublin !
Date d'inscription : 15/07/2007

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Sam 29 Mar - 17:39

Pas sur que le livre soit publié ! Il est sous copyright...

_________________
Alexandre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://arthurtenor.com/
yao
Chasseur de news
Chasseur de news
avatar

Masculin
Nombre de messages : 4249
Age : 24
Où demeures-tu ? : en Suisse !
Ton livre préféré ? : L'Oeuvre de Tolkien !
Date d'inscription : 25/02/2008

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Sam 6 Déc - 21:07

J'avais les les 2 premiers... Mais j'aime pas beaucoup les contes donc...

_________________
[center]Elfes - Nains ! Un super forum !

(clic sur la bannière pour accéder au forum)


[/center]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://elfes-nains.forumactif.name/forum.htm
ichi
Ecrivain
Ecrivain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 2047
Age : 25
Où demeures-tu ? : vive la belgique ^^
Ton livre préféré ? : principalement harry potter et Gemmel
Avertissements : 1
Date d'inscription : 04/03/2008

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Lun 9 Mar - 20:08

ouaiiis je viens de l'acheté le livre, un très beau livre en tout cas :D
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://manga-jeux-livre.skyblog.com
yao
Chasseur de news
Chasseur de news
avatar

Masculin
Nombre de messages : 4249
Age : 24
Où demeures-tu ? : en Suisse !
Ton livre préféré ? : L'Oeuvre de Tolkien !
Date d'inscription : 25/02/2008

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Lun 9 Mar - 20:20

Moi, ça ne me dit rien... ma soeur aimerai bien le lire mais n'a pas envie de dépensé de sous x

Elle va donc attendre qu'une bibliothèque publique l'est et le louera...

_________________
[center]Elfes - Nains ! Un super forum !

(clic sur la bannière pour accéder au forum)


[/center]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://elfes-nains.forumactif.name/forum.htm
Serafina
Grille-pain sadique
Grille-pain sadique
avatar

Féminin
Nombre de messages : 498
Où demeures-tu ? : Blois
Ton livre préféré ? : La saga du Disque Monde
Ta lecture en cours ? : Making Money - Terry Pratchett
Date d'inscription : 05/10/2008

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Lun 9 Mar - 21:13

c'est un beau livre, mais c'est tout.
Les contes sont tres legers. Et les commentaires de Dumby agacants et fan service

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://fallengodess.net
Botti
Ecrivain reconnu
Ecrivain reconnu
avatar

Masculin
Nombre de messages : 2711
Age : 26
Où demeures-tu ? : Dans le palais de la Nuit Eternelle
Ton livre préféré ? : Les liens du sang
Ta lecture en cours ? : Les Âmes vagabondes
Avertissements : 3
Date d'inscription : 23/06/2008

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Lun 9 Mar - 21:32

Je refuse de le Lirr c'est juste un coup de Buzz
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Serafina
Grille-pain sadique
Grille-pain sadique
avatar

Féminin
Nombre de messages : 498
Où demeures-tu ? : Blois
Ton livre préféré ? : La saga du Disque Monde
Ta lecture en cours ? : Making Money - Terry Pratchett
Date d'inscription : 05/10/2008

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Lun 9 Mar - 21:42

J'vois pas trop pourquoi il faudrait refuser parce que c'est du buzz?
HP, Twilight aussi c'était du buzz hein...

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://fallengodess.net
dragoon10020
Lecteur
Lecteur
avatar

Masculin
Nombre de messages : 17
Age : 23
Où demeures-tu ? : Québec
Ton livre préféré ? : Harry Potter 7
Ta lecture en cours ? : l'épée de vérité tome 1
Date d'inscription : 22/02/2009

MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   Mar 10 Mar - 1:11

J'ai le livre et je n'aime pas trop même si j'ai lu les sept livres de Harry Potter.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Contes de Beedle le barde   

Revenir en haut Aller en bas
 
Contes de Beedle le barde
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Contes (Perrault et autres)
» Contes et Légendes Nathan
» Contes et Histoires philosophiques
» Contes de Noël
» Emission N° 20/2009 Contes populaires d'Algérie

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Livres Fantastiques :: L'agora :: L'Actualité :: Articles et débats-
Sauter vers:  
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit